Je reviens vers vous aujourd’hui pour vous partager la suite de mon aventure du CAFIPEMF. Je vous avais proposé ici l’article concernant la première année d’admissibilité.

Après 2 ans et demi de galère (la covid ayant décalée les épreuves de 6 mois ), je peux enfin le dire : j’ai été admise au CAFIPEMF ! HOURRA ! Je vous propose donc aujourd’hui mon bilan, mon vécu et quelques conseils. Concernant des conseils d’organisation ou des question théoriques, je vous renvoie vers le site incroyable de Mr Nicolas Pinel, vraie mine d’or spécial CAFIPEMF.

Les modalités de l’année d’admission

La certification pour devenir formateur se déroule en 2 étapes. La seconde étape est l’année d’admission. Vous avez 4 ans après obtention de l’admissibilité pour tenter l’admission et le droit de retenter cette admission 2 fois si échec.

Cette seconde année consiste en une épreuve de pratique professionnelle et la soutenance d’un mémoire.


 L’épreuve de pratique professionnelle consiste, au choix du candidat :

  • soit en une analyse de séance d’enseignement (les candidats cobayes sont généralement des PES ou T1)
  • soit en l’animation d’une action de formation.
    Cette épreuve sera suivie d’un entretien de 30 minutes avec le jury pour un retour sur l’analyse ou animation.

    De plus, il vous faudra rédiger un mémoire professionnel, de 20 à 30 pages hors annexes, consistant en un travail de réflexion personnelle
    portant sur une problématique d’accompagnement ou de
    formation. Ce travail d’écriture sera suivie d’une soutenance d’une durée de 45 minutes dont 30 minutes d’entretien.

Mon vécu et mes conseils

Je ne vais pas vous cacher que cette deuxième année a été très éprouvante. J’ai eu beaucoup de mal à me projeter dans l’écriture de ce mémoire, le choix d’un thème et d’une problématique tout en jonglant avec les lectures, la préparation de la classe et la direction de mon école. Par chance, j’ai été épaulée par des collègues candidates au top et une équipe de circonscription formidable. Ce travail d’équipe a rendue cette aventure unique. Je vous conseille fortement de vous constituer, si vous le pouvez, un petit groupe de travail/soutien pour échanger, déprimer, reprendre du poil de la bête ensemble.

Concernant le mémoire en lui-même, son écriture fut fastidieuse. J’ai choisi de travailler autour d’un thème qui me tenait à coeur : l’autoévaluation au service des élèves. Après un an de “clés de réussites” & un changement d’école, je souhaitais mettre profit mon travail à travers ce mémoire.

Il a fallu trouver un outil bien plus simple et efficace à mettre en place ainsi qu’une cohorte de collègues prête à le tester dans leur classe. Je remercie ces fantastiques collègues si elles passent par ici. Je me suis donc penchée sur l’outil du portfolio, outil d’évaluation découvert lors de mon voyage d’étude au Canada. L’outil du portfolio à l’école (comme celui des artistes) élargit la notion d’évaluation en y rassemblant les traces signifiantes des productions, mais aussi le portrait du cheminement de l’élève. Il y consigne tout ce qu’il a fait mais aussi les stratégies utilisées et tout ce qu’il a appris sur lui-même. Le portfolio permet donc à l’élève de mettre en place des stratégie de métacognition pour rendre leur apprentissage encore plus efficace.

Ce protocole mis en place fut un peu court à mon goût mais il m’a permis d’en retirer des résultats utilisables dans le cadre de mon mémoire.

Concernant les épreuves, ce fut un moment stressant. On réalise après tant de travail que l’on y est. J’ai choisi l’analyse de pratique. C’est un moment difficile tant pour nous que pour le jeune collègue observé. Il faut donc faire preuve de bienveillance mais aussi de réalisme pour prodiguer des conseils utiles pour leur pratique. Cette épreuve est épuisante, préparez-vous psychologiquement à être concentré(e) et à l’affut de la moindre question durant un long moment. Tout s’enchaine très vite.

J’ai eu une semaine de “repos” entre l’épreuve d’analyse et la soutenance de mon mémoire. J’avais préparé en amont ma soutenance ainsi que mon support (powerpoint). Je me suis entraînée de nombreuse fois, seule, devant mon conjoint, mes amis, en voiture, à réciter par coeur mon texte de soutenance et à rentrer dans ces fameuses 15 minutes ! De plus, je souhaitais vraiment que mon support informatique apporte un plus à mon travail : j’ai donc proposé au jury une ouverture de mon thème en leur proposant une “simulation” d’un magistère autour de l’autoévaluation. Je pense que ces diapositives (et mon discours autour de ces dernières) ont fait leur petit effet !

diapositive de ma soutenance – simulation d’un magistère

Le jury a été très bienveillant. Cela a été une tornade de questions mais toujours en réponse à mon discours ou bien en lien avec ma problématique. Ce fut un vrai moment d’échange. J’ai vraiment mieux vécu la soutenance que l’épreuve d’analyse. En effet, on maitrise davantage notre discours à la soutenance.

Je vous conseille de bien préparer votre soutenance en identifiant les questions possibles, en connaissant sur le bout des doigts les définitions et concepts abordés, en laissant des perches (mais en connaissant les réponses!). N’hésitez pas non plus à dire que vous ne savez pas. Nous sommes humains !

Mon bilan

Je suis soulagée que cette aventure se termine par une note positive. Je ne regrette en rien cette année riche en émotions et en temps. Le cafipemf m’a fait bousculer mes pratiques, me remettre constamment en question, m’a poussée dans mes retranchements. L’année particulière que nous vivons fait que je n’ai pu postuler au poste de PEMF cette année. Je mettrai donc à profit cette certification l’année prochaine si je le peux.

Mes lectures et mes préparations

Concernant mon mémoire à proprement parlé, je ne peux vous le proposer à la lecture ici. En effet, il contient des informations confidentielles sur mes collègues cobayes et mes élèves. Cependant, je vous partage ma trame d’observation de séance et de préparation d’entretien utilisées lors des épreuves.

Attention, je ne fournis pas de documents modifiables. merci de votre compréhension.

De plus, voici mon top 3 des livres concernant l’autoévaluation et l’évaluation qui ont été mes bibles de chevet durant cette année. En effet, je n’ai pas lu énormément de livres pour ne pas me perdre au fil de mon année. J’ai préféré cibler mes lectures. J’ai accompagné ces lectures par de nombreuses heures de recherche sur le net d’articles, de conférences et autres mémoires déjà rédigés sur le thème de l’autoévaluation.

  • L’évaluation positive – Daniel ADAD aux éditions retz

Un livre très intéressant, facile à lire et éclairant sur l’évaluation positive. L’auteure vous propose des documents et exemples d’évaluations à mettre en place facilement dans vos classes pour rendre vos élèves acteurs de leurs apprentissages !

  • L’évaluation à l’école, pour la réussite de tous les élèves – Charles Hadji aux éditions NATHAN

Ce fut le premier livre que j’ai lu pour me rafraichir la mémoire sur le concept d’évaluation. Son format mini est très pratique et j’ai adoré le découpage du sommaire qui permet d’aller directement vers le thème que l’on désire approfondir. Je recommande notamment le chapitre sur l’autoévaluation et ses différents degrés qui a permis de comprendre que l’autoévaluation était la plupart du temps sous-utilisé dans les classes ! A lire absolument !

  • Le portfolio, évaluer pour apprendre – Pirouettes Editions

J’ai louché sur cet ouvrage qui ciblait exactement ma problématique. Impossible de mettre la main dessus. J’ai donc lancé un SOS aux éditions Pirouettes qui ont eu la gentillesse de m’envoyer ce livre. Ce livre est une pépite. Il reprend le concept de portfolio comme outil d’autoévaluation, vous propose des fiches clés en main photocopiables à adapter & mettre en place dans le portfolio de vos élèves. Sa lecture est facile et rend cet outil immédiatement adaptable dans la classe de par les conseils et éclairages théoriques prodigués. La seule déception est qu’étant écrit par des collègues et chercheurs canadiens, il vous faudra adapter les compétences aux B.O de notre pays. Bref, si vous souhaitez travailler sur l’autoévaluation et le portfolio, foncez !

Alors êtes-vous tenté(es) par le CAFIPEMF ?